L’essor des RH au début du XXe siècle : Entre responsabilité et luminosité

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Du Fayolisme à l’éclairage d’Hawthorne, une humanisation de la figure ouvrière

« Diriger c’est prévoir, organiser, commander, coordonner, contrôler »

Cette énumération d’Henri Fayol résume le changement de paradigme des RH en ce début de XXe siècle. 

Nous avions laissé notre histoire à la Belle Époque avec Taylor et sa fameuse Organisation Scientifique du Travail. Entrons à présent de plein fouet dans cette première moitié de XXe siècle servant de port d’attache à notre Argo. 

La responsabilité change de main

Taylor a contribué à labourer la terre afin de préparer un terreau fertile pour permettre à d’autres d’asseoir la discipline des ressources humaines. 

Henri Fayol est justement l’un des premiers à formuler l’autocritique des dirigeants plutôt que de concentrer tous les maux sur les ouvriers. Ingénieur des Mines français, il a été Directeur Général d’un grand groupe minier métallurgique de plus de 10 000 personnes entre 1888 et 1918. 

Une expérience de 30 ans, où il se rend compte du retard de la gestion des RH dans l’administration globale des entreprises. 

Fayol innove avec une vision Top-Down de la réussite des entreprises, la responsabilité ne doit pas reposer sur les ouvriers mais sur leurs chefs

C’est un précurseur du management !

Dans la mesure où les ouvriers créent de la valeur à la base de la pyramide productive, leur bonne volonté ne suffira pas à optimiser l’ensemble des méthodes de production.

C’est aux chefs d’entreprises d’organiser leurs ouvriers, prévoir et affronter l’imprévu.  

Cette théorie vient compléter les travaux sur l’optimisation des rendements des ouvriers, en élargissant le champ d’action à toute la hiérarchie et la portée de l’impact à l’ensemble de l’entreprise. 

Un environnement plus important que prévu

Cette théorisation de l’organisation « managériale » marque une étape cruciale au sein de l’histoire des ressources humaines. Elton Mayo psychologue australien apporte sa pierre à l’édifice à travers la célèbre expérience de Hawthorne. 

Hawthorne est le surnom d’une usine importante située dans la banlieue de Chicago, Mayo y mena des expériences de 1927 à 1932 sur l’environnement des ouvriers afin de comprendre comment leur productivité s’en voyait affectée. 

En commençant par de simples modifications de leur éclairage ou encore par l’introduction de pauses, Mayo se rendit compte que la motivation d’un ouvrier dépend de bien des facteurs dont leurs supérieurs n’avaient pas conscience. 

D’ailleurs un ouvrier motivé ne laissera pas les pauses affecter son rendement final tandis qu’une suppression totale de pauses chez un autre moins concerné par son travail n’augmentera pas mécaniquement ses résultats, bien au contraire. Au-delà de tout cela, les ficelles de la motivation résident dans la reconnaissance et le sentiment d’appartenance de l’ouvrier à quelque chose de plus grand que lui. 

Ce sont les prémices des cultures d’entreprise ou raison d’être actuelles valorisant leurs employés à travers la mission que ceux-ci réalisent et leur impact. 

 Pour conclure : 

« On ne peut pas et on ne doit pas tenter d’effacer le passé simplement parce qu’il ne répond pas aux exigences du présent »

L’adage de Golda Mair est précieux pour les RH modernes.  Ceux là-mêmes qui se sont d’abord construits dans l’optique d’améliorer la productivité en partant de la base ouvrière. L’entrée dans ce XXe siècle a permis d’élargir l’échelle de responsabilité verticalement sur l’aspect hiérarchique et horizontalement vis-à-vis de tout ce qui impact la productivité. Mayo donna naissance à « l’école des relations humaines » en humanisant l’ouvrier qui n’est pas qu’une paire de bras. Fayol quant à lui a donné naissance à l’ancêtre de l’organigramme, permettant de saisir en un coup d’œil la structure des services, leur hiérarchie et le cas échéant identifier les problèmes. 

Aujourd’hui la tendance pousse à supprimer les structures à tout prix, attention à ne pas tomber dans l’écueil de l’extrême. 

Cet article est le deuxième d’une série intitulée Les RH ces barbares… visant à retracer l’épopée des RH des années 1800 à nos jours so stay tuned

Alvaro LLANOS, Business Developper Officer, chez Mooveo.co

Pour aller plus loin : 

https://www.universalis.fr/encyclopedie/theorie-des-organisations/2-henri-fayol-et-la-theorie-de-l-administration/

https://www.editions-ellipses.fr/PDF/9782340020429_extrait.pdf

https://www.bl.uk/people/elton-mayo

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