L’éclosion des RH au XIXe siècle entre Taylor et Accord(s)

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Du Taylorisme aux RH à la papa, jusqu’aux RH à la Data …

« Ce n’est qu’avec le passé qu’on fait l’avenir » en pleine saison de confinement beaucoup de regards se tournent avec raison vers le futur, nous avons pour notre part choisi de suivre l’adage d’Anatole France. Un bond dans le passé est bénéfique en cette période de temps long, surtout s’il nous sert à redorer le blason d’une fonction qui a si mauvaise réputation dans l’inconscient collectif.

Souvent associées à des mauvaises nouvelles ou à des piles de formulaires interminables pour ravitailler l’insatiable cerbère bureaucratique, les ressources humaines vont pourtant bien au-delà des plans sociaux et autres entretiens annuels.

Une Genèse industrielle 

L’histoire des ressources humaines est intimement liée à l’avènement du salariat, tel qu’on le connaît aujourd’hui. Ce mode d’organisation du travail moderne remonte à la révolution industrielle et, s’il préexistait sous d’autres formes, sa caractérisation s’est complètement inversée à ce moment-là. 

En effet, avant le XIXe siècle le « salariat » se compose des compagnons de métiers n’ayant pu accéder au rang de maître artisan. Si l’on élargit ce spectre à toutes les personnes n’appartenant pas aux métiers officiels  (domestiques, serviteurs ect…), on constate que leur caractéristique commune est d’être soumis au bon vouloir absolu de leurs maîtres, ce qui constitue une instabilité propre à cette classe ouvertement méprisée. 

Au XIXe siècle, l’industrialisation des processus concentre les ouvriers dans des unités de production où il faut faire en sorte de maximiser la production. Pour cela, la hiérarchie se formalise progressivement dans les entreprises familiales ; le patron devient responsable de la vie de ses salariés en leur apportant logement, habillement ect… 

Dans ce cadre, le « boss » a intérêt à conserver ses salariés qui connaissent les processus de production propre à son secteur d’activité : c’est l’avènement du paternalisme, mais aussi et SURTOUT, c’est la naissance de la fonction d’administration du personnel.

Tout cela dénote d’une transformation incroyable de la condition salariale, puisque celle-ci se caractérise dorénavant par une stabilité accrue.

Les RH promoteurs du contrat salarié 

La fonction d’administration du personnel a donc pour logique première la fidélisation des salariés par la stabilisation de leur vie personnelle. 

Cela implique la destruction progressive de la corrélation il faut vendre pour vivre, au travers de la garantie d’un salaire récurrent et la promesse qu’il soit indépendant des performances de l’entreprise.

C’est une véritable révolution !

Ce « win-win » se poursuit avec une figure majeure que nous avons retenue pour cette introduction, l’ingénieur américain Frederik Winslow Taylor. Le taylorisme apporte sa pierre à l’édifice dans l’histoire des ressources humaines, puisque Taylor développe sa théorie d’organisation du travail en réponse à une industrialisation considérée comme encore trop désordonnée. 

L’époque est propice aux évolutions concernant le salarié et son N+1 ; la stabilité, maître mot des débuts, doit se concrétiser par l’outil contraignant le plus abouti qui soit : L’écrit juridique. Ainsi, le salarié n’est plus soumis à un accord oral mais bel et bien manuscrit, émanant de son supérieur et encadrant sa situation, sa rémunération, ainsi que les variables pouvant stimuler sa productivité. De ce fait, le Taylorisme aide à l’accouchement de la fonction des ressources humaines modernes en participant à la démocratisation du contrat.

Pour conclure : 

         « Oublier le passé, c’est se condamner à le revivre » Santanya résonne comme un prophète des RH à l’heure où elles peuvent être si mal perçues. N’oublions pas qu’elles ont vu le jour dans le but de nous protéger par le biais de la contractualisation de nos droits au travail. Ajoutons à cela leur prise en compte de nos problèmes personnels, qui prennent parfois le pas sur notre vie professionnelle. Mais de nos jours c’est aussi aux ressources humaines et à ceux qui l’incarnent de s’interroger, non seulement sur ce qu’on pense d’elles mais aussi sur leur avenir.

Nées dans le but de fidéliser les travailleurs, si nous les appliquons aux nouvelles technologies et à la guerre des compétences c’est exactement la même bataille qui se joue en ce moment.

Cet article est le premier d’une série intitulée Les RH ces barbares… visant à retracer l’épopée des RH des années 1800 à nos jours so stay tuned !

Alvaro LLANOS, Business Developper Officer, chez Mooveo.co

Pour aller plus loin :

https://www.alternatives-economiques.fr/petite-histoire-ressources-humaines/00067130

https://www.wikiterritorial.cnfpt.fr/xwiki/bin/view/vitrine/L%27évolution%20de%20la%20fonction%20RH

https://www.editions-ellipses.fr/PDF/9782340020429_extrait.pdf

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